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Publié par Instit'en colère

BENTOLILA CHEZ LE BOUCHER...


   
(version 2 de l'article : le premier paragraphe s'était   malencontreusement égaré...)
 
En cette radieuse journée du mercredi 14 mars 2007 un cortège immobile de plus d’un millier de manifestants, constitué en son écrasante majorité d’enseignants du Primaire, campe vers 14h30, métro Solférino, à proximité du Ministère de l’Education dite pour quelques temps encore "nationale", sous l’œil goguenard et débonnaire d’un rayon de soleil et d’une poignée de fonctionnaires, protecteurs de l’autorité publique. A l’appel unitaire des syndicats, solidaires et réunis à cette occasion pour un combat décisif quant à l’avenir de l’Education Nationale tous ces enseignants s’inquiétaient, à juste titre, du projet autoritaire de décret sur les EPEP (établissements publics d’enseignement primaire), projet lourd de menaces pour l’école publique, nationale, gratuite, laïque et républicaine. Projet qui, à lui seul mériterait un article. 
Eminent linguiste en l’Etat, enseignant et donc émérite chercheur en Linguistique, Alain Bentolila était lui aussi aujourd’hui très présent à Paris, plus particulièrement sur les ondes des radios.

    Son propos différait un peu : il s’inquiétait davantage des savoirs des jeunes élèves que du régime délirant que l’on s’apprête à imposer à l’école publique pour lui porter un coup fatal annoncé depuis belle lurette.

    Alain Bentolila souhaitait en appeler à une reprise plus soutenue des séances et activités de Vocabulaire avec les élèves, à l’école primaire, et ce pour prévenir l’échec d’un certain nombre d’entre eux en fin de parcours primaire, échec définitivement entériné par l’entrée en SEGPA en lieu et place de la sixième et donc du collège unique.

    Motif invoqué par cet enseignant, qui est aussi un fort communicant, les élèves les plus défavorisés souffriraient davantage encore que les autres des carences en Vocabulaire, dans le bon déroulement de leur parcours scolaire. Ces carences en Maîtrise de la Langue, plus précisément en vocabulaire fondamental, seraient sinon la seule, à tout le moins l’une des principales explications des échecs scolaires considérés dans leur globalité et pas seulement en lecture, en fin de CM2.

    Soyons francs.On s’en doutait un peu quoique n’osant le crier haut et fort, par crainte de déranger les méditations des fonctionnaires les plus avancés en l’espèce. Que la maîtrise de la langue soit l’un des critères favorisant la bonne insertion de l’élève et donc du futur citoyen dans les activités courantes les plus valorisées par la République, voilà encore une autre précieuse redécouverte conceptuelle à laquelle nous convie ou plutôt à l’ordre de laquelle nous rappelle M. Bentolila…

    Mais, au risque d’affirmer sans preuve et donc de s’abandonner, que dis-je de se vautrer sur ou dans le terrain de la prétentieuse évidence, il s’en faudra d’une confirmation que nous donne aussi ce spécialiste. Rappelons, à cette occasion, sans aucun souci de polémique, que la confirmation est l’un des sept sacrements …

    Le propos donc de cet universitaire, spécialiste indiscutable en Linguistique et, en une autre modalité communicationnelle, spécialiste aussi de l’édition scolaire, (une trentaine de titres au moins dans les catalogues réservés aux commandes annuelles des enseignants en école maternelle et élémentaire de la ville de Paris) semble louable ; il est, par ailleurs, électoralement de bon aloi. Impossible en effet de se dispenser d’une réflexion sur le questionnement complexe entre l’Identité et le Langage si l’on veut mieux comprendre et appréhender les problèmes de l’échec scolaire. L’identité : ce thème est au cœur de la campagne de certains, disons de certaines campagnes. Si la Langue est le vecteur numéro un de « la réussite scolaire » elle-même vecteur identitaire de réussite sociale et citoyenne, alors maîtriser le vocabulaire français reviendrait peut-être pour les plus réfractaires à la bonne syntaxe à s’engager dans une démarche de volontaire appartenance à l’identité citoyenne française … A chacun d’en juger !

    De manière plus pragmatique, Monsieur Bentolila préconise deux séances hebdomadaires de trente minutes à une heure chacune afin de donner à chaque élève des chances supplémentaires d’accéder à l’excellence scolaire par la maîtrise d’un socle commun de vocabulaire français.
Pour mémoire et pour votre information aussi, je citerai simplement un texte, extrait d’une méthode de lecture à l’attention des petits élèves de CP, texte dont monsieur Bentolila est à la fois le co-auteur et le directeur de conscience, l’éminence grise attitrée et la garantie didactique si vous aimez mieux, texte que je trouve personnellement fameux et fécond, mutin et facétieux, littéraire et spirituel, à même de frapper en plein cœur l’imaginaire enfantin.

    Ce texte est extrait de la Méthode de lecture adoptée dans de nombreux cours préparatoires français. Je ne résiste pas au plaisir de vous le livrer dans son intégralité, sans ajout ni modification d’aucune sorte (respect de l’orthographe,de la ponctuation, des passages à la ligne. Comme vous le verrez probablement assez vite un bouquet, que dis-je un fleuron, un déluge de vocabulaire français pittoresque et gascon vous attend :

Gafi le fantôme, classe de CP p.46
Auteurs : Alain Bentolila Georges Rémond Jean- Paul Rousseau


Mélanie est allée chez le boucher

Mélanie est allée chez le boucher acheter du mou
pour Pacha le chat.
« Vous avez du mou pour mon chat ?
_ Bé oui, ba petite Bélanie, voilà du bou.
_ Oh ! vous avez le nez bouché !
Voilà une pilule de Mirliti ; »
Le boucher a avalé la pilule … et hop,

Son rhume a disparu.

« Merci, Mélanie, j’en avais assez d’être un boucher 
avec le nez bouché. »

Gafi le fantôme, Méthode de lecture, classe de CP p.46

Alain Bentolila
Georges Rémond Jean-Paul Rousseau


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how to contact microsoft 17/05/2014 09:31

Public institutions primary education did a great job last year by providing free education to thousands of poor kids. Every kid deserved to get education. Teachers should be tried to become a good friend of students. Thanks a lot for sharing this info.

Instit' en colÚre 17/03/2007 20:23

Merci de votre attention et de votre sérieux

Jean Vaysse 17/03/2007 22:20

Merci. Je trouve qu'il vaut mieux être sérieux, sinon, c'est pas sérieux !

Instit' en colÚre 15/03/2007 22:02

Voici le début de cet article qui par les mystères du copier-coller s'était volatilisé !

En  cette radieuse journée du mercredi 14 mars 2007 un cortège immobile de plus d’un millier de manifestants, constitué en son écrasante majorité d’enseignants du Primaire, campe  vers 14h30, métro Solférino, à proximité du Ministère de l’Education dite pour quelques temps encore "nationale", sous l’œil goguenard et débonnaire d’un rayon de soleil et d’une poignée de fonctionnaires, protecteurs de l’autorité publique. A l’appel unitaire des syndicats, solidaires et réunis à cette occasion pour un combat décisif quant à l’avenir de l’Education Nationale tous ces enseignants s’inquiétaient, à juste titre, du projet autoritaire de décret sur les EPEP (établissements publics d’enseignement primaire), projet lourd de menaces pour l’école publique, nationale, gratuite, laïque et républicaine. Projet qui, à lui seul mériterait un article. 

Jean Vaysse 17/03/2007 06:32

rectif faite !

brother 15/03/2007 17:59

Il y a eu aussi Daniel et Valérie, Rémi et Colette, Adam et Eve ...BROTHER said.

Jean Vaysse 17/03/2007 06:32

y a

Yann 15/03/2007 13:01

De mon temps c'etait plutot "Yves et Béatrice" !!!

Jean Vaysse 17/03/2007 06:30

mais l'instit avait le choix de ses méthodes ?